Les informations suivantes sont destinées à vous expliquer l’importance de la surveillance et les traitements que vous a proposés votre médecin.

Qu’est-ce qu’une maladie gestationnelle trophoblastique maligne ?

Les maladies gestationnelles trophoblastiques malignes (ou néoplasies gestationnelles trophoblastiques) regroupent plusieurs maladies du placenta. Les principales maladies s’appellent le choriocarcinome ou la môle invasive. On estime la fréquence des choriocarcinomes à environ 1 pour 40’000 grossesses. Elles sont dues à une prolifération et une éventuelle propagation d’une maladie gestationnelle trophoblastique appelée plus communément môle. Les môles sont des anomalies dans la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde pour une raison indéterminée. Le placenta se développe alors de façon anormale. Il y a 2 types de môles. Il peut s’agir d’une môle « complète » dans laquelle il n’y a pas d’embryon ou d’une môle « partielle » dans laquelle l’embryon se développe, mais sans pouvoir survivre. Le placenta est anormal dans les 2 cas.

Pourquoi dois-je être surveillée (prises de sang) ?

Même effectué avec soin, après l’évacuation de la môle par curetage et aspiration, il existe un risque de persistance de tissu môlaire dans l’utérus, difficilement visible. Ce tissu peut proliférer et se propager, on parle alors de maladie gestationnelle trophoblastique maligne (ou néoplasie gestationnelle trophoblastique). Ce risque justifie la surveillance par une prise de sang qu’est le dosage régulier de l’hormone de grossesse (bhCG). Chez 85% des patientes, le taux d’hormone revient à la normale (négativation) sans problème.

Pourquoi dois-je être traitée ?

Les néoplasies gestationnelles trophoblastiques peuvent se disséminer dans d’autres organes, c’est la raison pour laquelle vous devrez bénéficier d’un traitement qui sera de la chimiothérapie dans la majorité des cas. Vous devrez d’abord compléter une série d’examens radiologiques (radiographie, échographie, CT-Scan, IRM) et différentes prises de sang pour pouvoir décider du meilleur traitement pour vous. Chaque patiente doit être évaluée individuellement afin de déterminer le niveau de risque que représente sa maladie (bas ou haut risque).

Quel type de chimiothérapie vais-je recevoir ?

La plupart des patientes sont à « bas risque » et n’ont besoin que d’un seul type de médicament dans leur chimiothérapie. Parfois, lorsque le risque de la maladie est plus élevé, plusieurs médicament doivent être administrés en même temps. Ces traitements sont donnés en injection dans les muscles ou dans les veines. La majorité des traitements ont lieu en ambulatoire et nécessitent rarement une hospitalisation. Environ 20% des patientes devront changer de médicament, en raison d’une réponse insuffisante ou d’une intolérance au traitement.

Quelle sera la durée de mon traitement ?

La durée est variable selon les patientes et dépend de la vitesse à laquelle la maladie répond au traitement. En général, il faut compter de quelques semaines à 2-3 mois. Le traitement est poursuivi jusqu’à ce que le taux de βhCG devienne normal et ceci durant encore quelques semaines par sécurité.

Quelles vont être les conséquences psychologiques ?

Il est habituel de se sentir un peu déprimée et triste d’avoir à faire face à cette maladie. Ces sentiments peuvent varier dans le temps et selon chaque individu. Votre conjoint peut également se sentir déprimé et angoissé. Il est important de poser toutes les questions qui vous inquiètent et si cela ne suffit pas de faire appel à notre psycho-oncologue.

Quelles vont être les conséquences physiques ?

La chimiothérapie peut donner le sentiment d’une altération de l’image corporelle. La majorité des patientes reçoivent une monochimiothérapie (un seul médicament) et n’auront que peu d’effets secondaires. Elles ne perdront pas leur cheveux, pourront poursuivre leurs activités habituelles et n’auront que très peu de nausées. Pour les patientes qui doivent recevoir une polychimiothérapie (plusieurs médicaments), nous leur offriront des médicaments pour réduire le plus possible les effets secondaires (nausées, fatigue, perte des cheveux). Nous déconseillons l’exposition au soleil et aux lampes UV durant la durée des traitements.

Quelle contraception puis-je utiliser ?

La prise de pilule est fortement conseillée (en l’absence d’une contre-indication) pour toute la période de surveillance des βhCG. La raison en est qu’en cas de nouvelle grossesse, nous serions incapable de faire la différence, au début, entre une grossesse normale et une récidive de néoplasie gestationnelle trophoblastique car les βhCG augmentent dans les deux cas.

Quand serai-je à nouveau menstruée ?

Parfois il n’y a pas d’interruption des menstruations. Sinon les menstruations reviennent en général dans les 4-6 semaines qui suivent la fin de la chimiothérapie, puis seront régulières si vous prenez la pilule. L’apparition de saignements anormaux en dehors des menstruations impose que vous en parliez à votre médecin.

Quel va être le suivi après la chimiothérapie ?

Cette surveillance va se faire par une prise de sang (βhCG) à chaque mois durant 12 à 24 mois.

Quand pourrai-je avoir une autre grossesse ?

La chimiothérapie n’a, en général, pas de conséquence sur votre fertilité ni sur votre risque de fausse-couche. Vous pouvez envisager une nouvelle grossesse dès la fin de la surveillance des βhCG, soit à 12 ou 24 mois après leur négativation. Le risque de récidive de môle à ce moment est très faible et estimé aux environ de 0.5 à 1%. Il est important d’effectuer une échographie au début de la grossesse pour s’assurer que tout va bien et un dosage de βhCG 6 semaines après l’accouchement pour vérifier qu’il n’y a pas de récidive.

Ai-je un cancer ?

Les néoplasies gestationnelles trophoblastiques sont des maladies malignes, ce qui signifie qu’elles peuvent se propager et se disséminer dans le corps si on ne les traite pas. Elles correspondent en cela à la définition d’un cancer, mais heureusement le taux de guérison est presque de 100% si elles sont traitées selon les règles.

Qui peut répondre à mes questions ?

Votre entourage peut vous donner parfois, sans le vouloir, des informations inexactes ou partiellement exactes. La rareté de cette maladie fait qu’elle est souvent mal connue. Il est important d’obtenir des renseignements émanant de votre médecin, de médecins spécialisés dans ce domaine ou de sites Internet issus d’équipes ayant l’habitude de traiter ces patientes. Vous avez la possibilité de nous contacter si vous souhaitez un conseil ou des renseignements sur votre surveillance. Nous vous invitons également à visiter notre page de liens.

Dernière modification : 18 décembre 2011